Centre de recherche GRICIS – Appel à communications : « Où (en) est la critique en communication ? »

Colloque international
Organisé par le Centre de recherche GRICIS
Dans le cadre du 80e congrès de l’ACFAS
Les 7 et 8 mai 2012
Palais des congrès de Montréal, Québec, Canada

Depuis une quinzaine d’années, nous avons assisté à un renouveau de la critique sociale (Boltanski, Chiapello, 1999). Le forum social mondial (FSM) de 2001 à Porto Alegre (Brésil) et ceux qui ont suivi témoignent de ces dynamiques sociales parfois renouvelées, parfois inédites. Dans la foulée, des rencontres eurent lieu à différentes échelles : du forum social européen (Paris, 2006) aux forums sociaux québécois (Montréal 2007 et 2009). Or, force est de constater que l’université, pourtant historiquement l’un des principaux lieux de la contestation sociale, a plutôt semblé en décalage avec cette mouvance, au sein des études en communication comme dans d’autres secteurs des sciences humaines et sociales pendant plusieurs décennies. Ce constat tendrait à confirmer le « naufrage de l’université » dorénavant au service du capitalisme globalisé, si l’on en croit Michel Freitag (1998). Toutefois, plusieurs initiatives récentes ont valorisé la dimension critique des travaux en communication. À la lecture d’appels à communication, il semblerait que, tant dans la recherche francophone qu’anglophone, les publications et les colloques se réfèrent de plus en plus au terme « critique ». Pour sa part, le centre de recherche GRICIS a lancé voilà bientôt deux ans une série de séminaires ayant pour titre « Pensée critique et communication ». Cette série a connu un franc succès, permettant à une trentaine de collègues du Québec, d’ailleurs au Canada, du Brésil, du Chili, de Côte d’Ivoire et de France d’intervenir sur la thématique. Ces séminaires ont suscité un tel intérêt qu’il a été décidé de poursuivre la réflexion dans un cadre élargi, d’où l’organisation de ce colloque international.

L’usage du terme « critique » relève tout d’abord d’une démarche épistémologique. C’est l’idée de faire appel à la raison afin de pouvoir s’interroger sur la « réalité » tout en considérant n’avoir au mieux qu’un accès partiel à celle-ci. Pratiquer la raison nécessite donc de prendre du recul par rapport à ses propres convictions ; préférer la réalité, même difficile ou complexe à appréhender, à des illusions confortables ou à des simplifications abusives ; voire mettre en évidence l’essence des choses derrière les apparences. Bref, observer et analyser mais tout autant interpréter, commenter. Adopter un positionnement critique signifie aussi porter une attention particulière aux notions d’inégalités, de rapports d’exploitation, de domination, de conflits et de pouvoir, mais aussi de résistance, d’émancipation et de changement social, et ce à la fois dans des perspectives micro et macro, à court et à long terme. Enfin, le terme « critique » peut également renvoyer à la nécessité de porter un regard un tant soi peu global sur notre monde. Or, à ce sujet, il est possible de se demander si l’hyperspécialisation, certes nécessaire à l’approfondissement des connaissances, ne constitue pas un réel problème en transformant les chercheurs en experts incapables de porter un avis en dehors de leur champ spécifique de compétences ; ce qui interdit quasiment toute posture critique. La pertinence scientifique de ce colloque tient au fait qu’il sera l’occasion d’interroger les différentes façons de concevoir le terme « critique » et examinera les pratiques inhérentes. Mais la pertinence sera autant sociale, car l’impression persiste parfois que l’université d’un côté et la société de l’autre sont deux mondes séparés. Or, l’une des traditions de la recherche critique consiste justement à faire converger théorie et pratique, connaissance et action. D’où le questionnement sur la place et le rôle de la recherche critique en communication dans nos sociétés et sur les complémentarités et oppositions existant entre travail scientifique et engagement social.

« Où (en) est la critique en communication? » Telle est la question centrale à laquelle nous souhaitons répondre dans le cadre de ce colloque international sur le rôle et la place de la critique dans les recherches en communication. Plus précisément, il s’agit de brosser un tableau le plus achevé possible des recherches orientées vers la critique en communication, au Canada comme à l’étranger, et au-delà d’interroger les acceptions données au terme même de « critique ». Que celui-ci soit associé aux vocables théorie, perspective, pensée, approche, voire conscience, il importe autant d’établir une cartographie des travaux menés dans ce sens, que de saisir le niveau d’importance que l’on accorde aujourd’hui à la critique dans les recherches en communication. Les interventions pourront être à dominante théorique ou empirique mais, dans tous les cas, elles devront comprendre une démarche réflexive visant à ce que chaque participant considère ses propres pratiques en regard des objectifs inhérents à leur dimension critique. In fine, le colloque a pour ambition de favoriser les échanges entre professeurs-es et étudiants-es de cycles supérieurs, ainsi que les collaborations des uns avec les autres.

Nous vous invitons à présenter une proposition d’intervention répondant à l’une ou l’autre des questions suivantes correspondant aux thèmes 1, 2, 3 et 4 :
o   Dans quelle mesure et pour quelles raisons estimez-vous que vos travaux relèvent de la critique en communication ? (Thème 1)

o   Quelles sont les perspectives théoriques (École de Francfort, économie politique de la communication, cultural studies, etc.) qui nourrissent la dimension critique dans les recherches en communication ? (Thème 2)

o Quelles sont les formes de la critique dans les démarches épistémologiques et méthodologiques mobilisées dans les recherches en communication ? (Thème 3)

o Où trouve-t-on la critique dans les domaines de recherche suivants : cinéma, communication organisationnelle, nouveaux médias, communication internationale et interculturelle, télévision, communication et santé, journalisme, communication et développement, etc. ? Et qu’en est-il en recherche-création ? (Thème 4)

Comité organisateur
Éric George, directeur, GRICIS
Oumar Kane, responsable de la diffusion de la recherche, GRICIS
Marc Ménard, responsable administratif, GRICIS
Renaud Carbasse, adjoint de recherche GRICIS
Marc-Olivier Goyette-Côté, adjoint de recherche GRICIS

Comité scientifique:>
Christian Agbobli, Université du Québec à Montréal (UQAM)
France Aubin, Université du Québec à Trois Rivières (UQTR)
Ángel Badillo Matos, Universidad de Salamanca
Pierre Barette, Université du Québec à Montréal (UQAM)
Aimé-Jules Bizimana, Université du Québec en Outaouais (UQO)
Luc Bonneville, Université d’Ottawa
Philippe Bouquillion, Université de Paris 8 Vincennes Saint-Denis
Colette Brin, Université Laval, Québec
Michael Dorland, Carleton University (Ottawa)
Riadh Ferjani, Université de Tunis
Chantal Francoeur, Université du Québec à Montréal (UQAM)
Fabien Granjon, Université de Paris 8 Vincennes Saint-Denis
Normand Landry, Télé-Université du Québec (TÉLUQ)
Ndiaga Loum, Université du Québec en Outaouais (UQO)
Luiz Martino, Universidade de Brasilia
Tristan Mattelart, Université de Paris 8 Vincennes Saint-Denis
André Mondoux, Université du Québec à Montréal (UQAM)
Viva Paci, Université du Québec à Montréal (UQAM)
Edgard Rebouças, Universidade Federal do Espírito Santo, Vitória
Michel Sénécal, Télé-Université du Québec (TÉLUQ)
François Yelle, Université de Sherbrooke

Pièces à fournir et échéancier
Vous avez jusqu’au vendredi 13 janvier prochain (17h00, heure normale de l’Est) pour envoyer sous format .doc à François Laplante-Lévesque (laplante-levesque.francois@uqam.ca) :
(1)  les informations vous concernant (prénom, nom de famille, fonction, institution de rattachement, adresse de courrier électronique)
(2) le titre de votre intervention (maximum 180 caractères espaces compris), le thème de celle-ci (1,2,3 ou 4), un résumé entre 4000 et 5000 caractères espaces compris dans lequel apparaîtra explicitement votre contribution à la thématique du colloque plus cinq références bibliographiques majeures mentionnées dans le texte.
Chaque proposition sera lue en double aveugle par des membres du comité scientifique selon les procédures en vigueur dans le cadre des évaluations par les pairs. Vous obtiendrez une réponse du comité organisateur au plus tard le vendredi 3 février 2012.

Appel_collcriticom2012

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